La femme qui fuit - Anaïs Barbeau-Lavalette

28/03/2017

 

RÉSUMÉ
 

Anaïs Barbeau-Lavalette n'a pas connu la mère de sa mère. De sa vie, elle ne savait que très peu de choses. Cette femme s'appelait Suzanne. En 1948, elle est aux côtés de Borduas, Gauvreau et Riopelle quand ils signent le Refus Global. Avec Barbeau, elle fonde une famille. Mais très tôt, elle abandonne ses deux enfants. Pour toujours.

 

Afin de remonter le cours de la vie de cette femme à la fois révoltée et révoltante, l'auteur a engagé une détective privée. Les petites et grandes découvertes n'allaient pas tarder.

 

Enfance les pieds dans la boue, bataille contre les petits Anglais, éprise d'un directeur de conscience, fugue vers Montréal, frénésie artistique des Automatistes, romances folles en Europe, combats aux sein des mouvements noirs de l'Amérique en colère; elle fut arracheuse de pissenlits en Ontario, postière en Gaspésie, peintre, poète, amoureuse, amante, dévorante… et fantôme.

 

La femme qui fuit est l'aventure d'une femme explosive, une femme volcan, une femme funambule, restée en marge de l'histoire, qui traversa librement le siècle et ses tempêtes.

 

Pour l'auteur, c'est aussi une adresse, directe et sans fard, à celle qui blessa sa mère à jamais.

 

 

MON AVIS
 

J'ai lu ce roman juste, parce que. Parce que je l'ai vu fréquemment sur les réseaux sociaux, blogues/sites, magazines littéraires, mais aussi parce qu'il a gagné plusieurs prix. Parce que les avis sont dithyrambiques. Parce qu'il m'arrive, parfois, de lire un livre juste parce qu'on en parle et que je veux voir de quel phénomène il s'agit et si je vais y adhérer ou pas. Donc, au lieu de le replacer sur les tablettes à la bibliothèque lors d'un retour, je l'ai pris avec moi. Je n'avais jamais lu le résumé avant de l'avoir entre les mains pour le débuter et j'ignorais qu'il s'agissait d'une biographie. Je ne lis pratiquement jamais de biographie, sauf sur les artistes/personnalités que j'aime beaucoup. Ici, je ne connaissais ni l'auteur, ni la personne centrale de cette biographie, mais j'ai décidé de plonger...

 

La femme qui fuit, c'est l'histoire de Suzanne Meloche, la grand-mère d'Anaïs. C'est, comme le dit si bien le titre, l'histoire d'une femme qui fuit. L'histoire d'une femme qui s'est cherché toute sa vie, qui s'est blessé et a aussi beaucoup blessé. L'histoire humaine d'une femme en quête de reconnaissance. C'est aussi un plongeon direct dans les années 40-50 d'un Québec en colère, dans les années 50-60 d'une Amérique en pleine ségrégation et j'en passe. Suzanne Meloche a rencontré les Barbeau (qu'elle a d'ailleurs marié), Riopelle et compagnie de ce monde et même croiser brièvement la route de Pollock. Plusieurs artistes qui m'étaient plutôt inconnus, sauf quelques noms qui me disaient vaguement quelque chose.

 

À cause de ces moments historiques qui parsèment l'histoire, ma lecture de ce récit a été remplie de scepticisme... je doutais souvent de la véracité des faits, comme toujours, lorsque je lis quelque chose concernant une personne décédée, qui ne peut donc pas confirmer ou infirmer les faits. Entres autres, lorsqu'il est question de la rencontre entre Suzanne et Hilda Strike, une athlète canadienne. Dans le récit, la rencontre se situe au printemps 2009, cependant, Hilda Strike est décédé le 9 mars 1989. Ce simple fait enlève beaucoup de crédibilité au texte, selon moi. Je me demandais souvent si ce que je lisais était vrai ou faux. J'imagine que la plupart des faits sont réels, mais agrémenter parcimonieusement de fiction, pour rendre le récit plus fluide.

 

Aussi, l'utilisation du ''tu'' m'a quelque peu déstabilisé, surtout au début. Les phrases courtes aussi. Je n'ai jamais apprécié lire un livre avec plusieurs phrases courtes, je trouve que cela hachure trop le récit et ça m'empêche d'embarquer totalement dans l'histoire. Ce fut le cas pour La femme qui fuit, même si j'ai fini par m'y faire un peu au fil des pages.

 

Il y a par contre un petit point qui vaut la peine d'être soulevé. Le frisson. Je n'ai jamais de frisson lors de lecture. Je pleure, je ris, je marmonne, je bougonne, mais des frissons, jamais. Ceux-ci se produisent seulement lorsque j'écoute de la musique et plus rarement, lors du visionnage de films ou séries. L'écriture d'Anaïs Barbeau-Lavalette m'a donné des frissons à deux reprises. C'est donc dire la puissance de son écriture... Si, comme je le disais plus haut, l'usage du ''tu'' et des phrases courtes m'a plutôt déplu, ce n'est pas le cas pour l'écriture de l'auteur, que j'ai trouvé magnifique, emplie de poésie, mais aussi de douleur et de colère, colère dirigée contre sa grand-mère. C'est cette écriture qui, malgré tout, m'a fait apprécier cette lecture. 

 

Un livre que je relirai ? Non, certainement pas. Mais un livre coup de poing qui m'a tout de même remué et dont l'écriture de l'auteur m'a énormément plu, malgré quelques côtés dérangeants. Je suis bien contente de l'avoir finalement lu, même si c'est loin d'être le coup de foudre, comme beaucoup de lecteurs ont eu pour ce livre.

 

 | marchand de feuilles • 376 pages • biographie, contemporaine |

 

« Tu me déposes au creux d'elle et tu sors de la chambre en laissant un peu de toi dans l'air et sur les peaux. Tu as fait un trou dans ma mère et c'est moi qui le comblerai. »

Points obtenus : 4

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